Les entreprises ont été particulièrement secouées ces dernières années. Covid-19, crise énergétique, guerre en Ukraine, événements climatiques extrêmes, pénuries et inflation sont autant de chocs que les organisations ont dû encaisser en un court laps de temps. Alors, que présage 2023 ? Réponse dans le 12e baromètre des principaux risques d’entreprise dans le monde, publié par Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) en début d’année. 

La cybercriminalité : une épée de Damoclès redoutée par les entreprises

La menace informatique est le dossier brûlant du baromètre des risques d’Allianz. Elle prend la tête du classement international pour la deuxième année consécutive. Et pour cause : les cyberattaques ont augmenté de 38 % dans le monde, entre 2021 et 2022. Dans l’Hexagone, la cyberdélinquance figure également au premier rang des préoccupations. D’après les personnes sondées, les tensions géopolitiques et le conflit Ukraine-Russie décuplent le risque cyber à grande échelle.

Parmi les incidents cyber, les sociétés craignent par-dessus tout la violation de données. En 2022, le coût moyen engendré par ce type de crime a atteint le niveau record de 4,35 millions de dollars, selon IBM. Les autres sources d’inquiétude majeure concernent l’augmentation des attaques par ransomware, le risque de défaillance ou de panne des systèmes, et les logiciels malveillants. 

Sur la deuxième marche du podium mondial comme français, on retrouve l’interruption d’activité. Un phénomène qui n’a rien d’étonnant : d’après Allianz, ce risque est étroitement lié à la menace cyber, elle-même la cause de perturbations la plus redoutée par les entreprises.  

Énergie, macroéconomie, ressources humaines : les nouveaux risques d’entreprise en 2023 

L’ombre de la pandémie et de la guerre en Ukraine plane sur les organisations. Selon les mots du CEO d’Allianz Joachim Müller, l’Europe et les États-Unis sont plongés dans une permacrise qui « met à l’épreuve l’ensemble des entreprises ». Conséquence : les évolutions macroéconomiques bondissent de la 10e à la 3e place du classement mondial entre 2021 et 2022. 

L’incertitude macroéconomique tracasse aussi au sein des frontières françaises, avec une 4e position inédite. La volatilité des marchés financiers, l’inflation, et le spectre d’une récession imminente inquiètent plus que jamais les acteurs nationaux. À ce propos, le baromètre d’Allianz estime qu’en 2023, les défaillances d’entreprises pourraient progresser de 19 % à travers la planète. 

Autre nouveauté dans le top 10 français des dangers pour les entreprises : la crise énergétique. Elle fait une irruption fracassante à la 3e place, ce qui est toutefois logique. En effet, le risque de rupture d’approvisionnement et les fluctuations des prix peuvent entraîner la mise en péril des activités.
Enfin, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée constitue une nouvelle menace pour les sociétés de l’Hexagone, se hissant en 10e position.

L’adoption des mesures nécessaires pour renforcer la résilience et réduire les risques fait désormais partie des priorités des entreprises.

Joachim Müller, CEO d’AGCS

La menace climatique : en repli, mais toujours au cœur des préoccupations

La permacrise planétaire remodèle le paysage des risques d’entreprise, reléguant les aléas climatiques à un rang inférieur. Néanmoins, les conséquences d’une catastrophe naturelle telles qu’une tempête, un feu de forêt ou une inondation demeurent alarmantes pour les organisations, justifiant une 6e position au niveau mondial. Il en va de même pour le changement climatique, placé en 7e position par les sociétés interrogées. Elles redoutent en effet les risques physiques, opérationnels et financiers qui découlent du réchauffement climatique. 

En France, le constat est similaire, avec des résultats sensiblement équivalents. Les événements suivants complètent le panorama des menaces identifiées comme les plus importantes pour les entreprises tricolores en 2023 : 

  • Les incendies et explosions
  • Les changements législatifs et réglementaires
  • Les évolutions de marchés

Face à la diversité des écueils, l’anticipation de crise et la résilience s’imposent comme les maîtres mots. Sécurisation des chaînes d’approvisionnement, consolidation des plans de continuité d’activité et intensification des contrôles cyber font partie des mesures à déployer à cet effet.  

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