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France : 1 milliard d’euros débloqués contre les cyberattaques

Le Palais de l'Elysée en France

Au cœur d’une période noire sur le front de la cybercriminalité, Emmanuel Macron a annoncé, le 18 février 2021, les grands axes de la stratégie nationale pour la cybersécurité. Sur la table : une enveloppe d’un milliard d’euros pour former des spécialistes et pour faire de la France un leader du domaine.

Des annonces intervenues dans un contexte ultrasensible

L’annonce par le président de la République des principaux axes de la stratégie nationale pour la cybersécurité est intervenue dans un contexte particulier. En effet, elle vient après deux événements qui ont choqué l’opinion et mis des fragilités en lumière. En particulier dans le secteur public.

En pleine pandémie, deux cyberattaques ont ainsi paralysé coup sur coup les hôpitaux de Dax, le 9 février 2021, puis de Villefranche-sur-Saône, le 15. En France, la santé est le premier secteur impacté par les attaques par rançongiciels en 2020, suivi par les collectivités locales et territoriales, et les entreprises de l’industrie. Le cyberrisque ne se limite cependant pas à ces attaques spectaculaires qui cryptent les données des systèmes et bloquent toute activité. La liste des victimes, comme celle des menaces ne cessent de s’allonger.

De quoi justifier une riposte de taille, en engageant un plan à 1 milliard d’euros (dont 720 millions de financements publics) pour faire de la France un fleuron en matière de cybersécurité

À l’affût des cybertalents et cyberchercheurs 

Le plan français souhaite donner un grand coup d’accélérateur à la formation. Qui pourrait ainsi se concrétiser, à l’horizon 2025, par le doublement des effectifs dans la filière cybersécurité, passant de 37 000 à 75 000 emplois.

« Les experts en cybersécurité sont en nombre insuffisant au regard des besoins. »

Cabinet PwC

Un pari audacieux, tant la pénurie de talents est un sujet de préoccupation récurrent du secteur. Le cabinet PwC l’a pointé en indiquant que « les experts en cybersécurité sont en nombre insuffisant au regard des besoins ». Une enquête menée l’année dernière par l’Enterprise Strategy Group (ESG) et l’Information Systems Security Association (ISSA) relève même que « 70 % des membres de l’ISSA ont été impactés par le manque de compétences en cybersécurité ».

L’ambition tricolore est donc, d’une part, de former beaucoup plus Mais aussi de « stimuler la recherche française en cyber et l’innovation industrielle », avec par exemple un objectif de hausse de 20 % des brevets déposés dans ce domaine.

Le Campus cyber en tête de pont 

Le lancement, prévu fin 2021, du Campus cyber, quartier de La Défense à Paris, est l’une des premières traductions de cette stratégie nationale. Le principe : regrouper sur un même site un écosystème d’un millier de personnes (groupes, start-up, PME, services de l’État, organismes de la formation, acteurs de la recherche, associations, etc.). L’une de ses missions est ainsi de « promouvoir l’excellence française en matière de cybersécurité, en fédérant les talents et les acteurs du secteur dans un lieu commun, autour de projets d’innovation ». Grâce à ces synergies, le gouvernement espère faire éclore des champions français de la cybersécurité, capables de s’asseoir à la table des grands concurrents étrangers.

Le Campus Cyber au cœur de La Défense

Les challenges de la compétitivité et de la souveraineté

En ligne de mire : booster la compétitivité française. Il s’agit de tripler le chiffre d’affaires de la filière, pour le porter à 25 milliards en 2025. En encourageant notamment la création de start-up dédiées au sujet de la cybersécurité. L’État indique vouloir co-investir dans un incubateur pour 50 millions d’euros. Et pourquoi pas trois licornes françaises (capitalisées à plus d’un milliard d’euros) dans les prochaines années ? L’objectif est avancé. 

Autre volonté affichée : celle d’encourager l’émergence des solutions made in France à même d’« assurer la maîtrise des technologies d’avenir en cybersécurité ». En clair, de garantir la souveraineté de la France dans ce domaine. L’État s’engage ainsi à cofinancer (à hauteur de 200 millions d’euros) « le développement de solutions souveraines, innovantes et performantes identifiées comme clé pour son autonomie stratégique ». Un défi de taille.