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La radioprotection, un enjeu de sécurité remis sur le devant de la scène

Youssef SDIRI
Personne Compétente en Radioprotection chez GORON

Avec la multiplication des menaces terroristes, les acteurs de la sécurité-sûreté utilisent de plus en plus d’équipements générant des rayons X. La radioprotection devient donc un enjeu crucial pour les prémunir contre les risques sanitaires radioactifs.

La radioactivité reste anxiogène dans l’imaginaire du grand public. Elle fait pourtant partie intégrante de notre quotidien. En effet, nous sommes régulièrement exposés à des radiations tant naturelles que artificielles. Le phénomène de radioactivité est lié à l’instabilité de certains atomes. Ils émettent des rayonnements qui – en interagissant avec la matière – peuvent enlever un ou plusieurs électrons à ces atomes. On parle alors de « rayonnements ionisants ». Ces derniers peuvent entraîner des lésions et générer différents types de pathologies chez l’être humain et son environnement. La « radioprotection » désigne alors l’ensemble des mesures de protection qui veillent à empêcher ou à réduire les risques sanitaires liés à ces rayonnements ionisants.

Youssef SDIRI – Personne compétente en radioprotection chez GORON – nous dresse un état des lieux de la radioprotection en France ainsi que ses enjeux au sein de la sécurité privée.

Assurer la sécurité des travailleurs

Qui sont les travailleurs exposés à la radioactivité ? Il y a bien sûr les employés du secteur du nucléaire, ceux de certaines industries comme le médical mais aussi un certain nombre de personnels de sécurité privée. Soit parce qu’ils travaillent sur un site abritant des sources radioactives, soit parce qu’ils utilisent des appareils électriques générant des rayons X. C’est notamment le cas depuis de nombreuses années des employés de la sûreté aéroportuaire.

Néanmoins, avec la multiplication des menaces d’actes malveillants à caractère terroriste, les acteurs de la sûreté-sécurité privée utilisent de plus en plus d’appareils électriques générant des rayons X pour contrôler les colis et bagages. Ainsi, un nombre croissant d’opérateurs de surveillance et de public sont susceptibles d’être exposés aux rayonnements ionisants.

Dans ce contexte, un service ou une Personne Compétente en Radioprotection (PCR) est nécessaire pour veiller au respect de la politique de radioprotection à tous les niveaux et assurer une sécurité optimale des travailleurs et des visiteurs. Cette PCR est formée et certifiée pour une durée de 5 ans. Elle est placée sous la responsabilité de l’employeur et désignée après avis du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Un service ou une Personne Compétente en Radioprotection (PCR) est nécessaire pour veiller au respect de la politique de radioprotection à tous les niveaux et assurer une sécurité optimale des travailleurs et des visiteurs.

Véritable référent au sein de l’entreprise, la PCR est mandatée – entre autres missions – pour assister et conseiller l’employeur, évaluer les dangers et les risques, délimiter les zones réglementées, sensibiliser le personnel ou encore intervenir en cas d’incident à caractère radiologique en évaluant les doses reçues. Elle assure également l’interface entre l’employeur et l’ASN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, les bureaux de contrôle et le CHSCT.

Faire évoluer le rôle des services compétents au sein des entreprises

Si les missions de la PCR entrent dans un cadre législatif bien défini, rien ne nous empêche de travailler à des pistes d’amélioration dans le cadre d’optimisation de la prévention des risques radioactifs.

Sur le plan organisationnel, une réflexion interne à chaque structure s’impose quant au travail de collaboration qui pourrait être effectué entre la PCR et le service qualité ou le service de santé sécurité au travail. En effet, le travail commun de prévention des risques doit se faire en mutualisant les compétences et le regard pluridisciplinaire de chacun.

Sur le plan sécuritaire, le contexte actuel nous pousse à réfléchir à la menace NRBC-E (nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosif). Les premiers intervenants opérationnels – à savoir les agents de sûreté-sécurité privée – sont-ils aujourd’hui suffisamment formés à détecter la typologie de la crise et à régir efficacement ? Découvrez quelques pistes de réflexion dans cet article.

Crédit photo principale : ©GORON