Le processus de recrutement dans la sécurité privée a fortement évolué ces dernières années et devrait poursuivre sur cette lancée. Une bonne nouvelle qui symbolise notamment la bonne santé du secteur d’activité et la spécialisation des métiers.

Dans le contexte actuel des nouvelles menaces qui pèsent sur les sociétés civiles et les entreprises (terrorisme, cyberattaque, etc.), les sociétés de sécurité privée sont confrontées à deux défis de taille. Elles doivent d’une part répondre aux besoins toujours plus importants en matière de protection humaine. Elles doivent d’autre part s’adapter à l’émergence de nouveaux métiers et de nouvelles réglementations. Le recrutement n’échappe pas à la règle et doit se réinventer en conséquence. En effet, son excellence représente un enjeu majeur puisqu’il est la condition même de l’efficacité des dispositifs de sécurité mais aussi l’une des clés essentielles de la satisfaction client. Zoom sur les nouveaux enjeux du recrutement dans la sécurité privée.

Une filière qui attire les jeunes

Evolution notable ces dernières années, les métiers de la sécurité privée attirent de plus en plus de jeunes : CAP, Bac professionnel, BTS, DUT, licence… Cela s’explique d’abord car la sécurité privée est un secteur d’activité en pleine croissance dans lequel les emplois sont pérennes et les possibilités d’évolution fréquentes. Cette stabilité professionnelle est très recherchée par les candidats, en particulier chez les jeunes. Par ailleurs, le contexte des attaques terroristes ces dernières années a sans doute contribué à révéler des vocations dans les métiers de la protection, comme de nombreux candidats le font régulièrement savoir.

Les qualités recherchées sont multiples et inhérentes aux métiers de service : savoir-être, aptitudes comportementales et relationnelles. Les candidats doivent à la fois avoir le sens du service tout en sachant être fermes et courtois dans l’application des consignes de sécurité. L’honnêteté et l’intégrité sont indispensables pour exercer ces métiers. Le candidat doit aussi avoir un bon sens de l’observation pour être capable de repérer les comportements suspects et déceler les situations inhabituelles, ainsi qu’une bonne maîtrise de soi pour désamorcer les conflits et faire face aux situations dangereuses. Enfin, un bon niveau général est demandé pour pouvoir échanger avec différents interlocuteurs et remplir par écrit les documents et registres de sécurité.

Absorber le volume d’embauches

Malgré une forte croissance du secteur, le recrutement reste difficile. Difficile pour les candidats car ils sont nombreux et en compétition pour les meilleurs postes. Difficile aussi pour les recruteurs car le niveau d’exigence des clients et les contraintes de certains postes impliquent une sélection drastique.

Pour faire face aux importants volumes d’embauches tout en respectant les exigences des clients et les délais très courts, le recrutement évolue et gagne en efficacité : vidéoconférences, sessions collectives, etc. La société GORON organise ainsi depuis quelques années des « job day ». Il s’agit de journées entières permettant de réaliser l’ensemble du processus de recrutement : de la validation des meilleurs candidats jusqu’à l’établissement du contrat de travail et de toutes les formalités administratives.

Aujourd’hui, plus que jamais, recruter c’est aussi communiquer. L’avènement de sites spécialisés et d’applications mobiles dédiées au recrutement font d’internet le premier support de mise en relation entre les candidats et l’employeur. Pour attirer les meilleurs éléments, il est désormais indispensable d’être omniprésent sur la toile, notamment sur les réseaux sociaux.

Des profils de plus en plus qualifiés et spécialisés

Difficile de croire qu’il y a encore quelques années, les agents de sécurité suivaient seulement 3 jours de formation avant leur prise de poste. En 2008, le Certificat de Qualification Professionnel d’Agent de Prévention et de Sécurité (CQP APS) et la carte professionnelle délivrée par le CNAPS, ont changé les modalités d’accès aux métiers de la sécurité privée. Tous les agents ont désormais l’obligation de suivre une formation complète de 5 semaines et de passer leur certificat de Sauveteurs Secouristes du Travail (SST). En une dizaine d’années, ces nouvelles qualifications et réglementations ont significativement augmenté le niveau de professionnalisme de l’ensemble de la filière.

Plus encore que la professionnalisation, l’enjeu est désormais celui de la spécialisation. En effet, en réaction aux nouveaux types de menaces (terrorisme, cyberattaque, etc.), de nouveaux métiers émergent : pilotes de drone, agent de sécurité cynophile en détection d’explosif, agent de sécurité renforcée porteurs d’armes, etc. Les sociétés de sécurité privée vont donc devoir embaucher des profils toujours plus qualifiés et spécialisés. Pour évaluer le niveau des candidats, les processus de recrutement doivent s’adapter en intégrant notamment davantage de mises en situation professionnelles. Une étape indispensable pour tester les réflexes et les connaissances opérationnelles que les candidats doivent maîtriser pour faire face à certaines situations.

Il faut également s’attendre à ce que de nouveaux modules de formations voient le jour, orientés sur les savoir-être, la gestion des conflits, la relation commerciale, le management ou encore la gestion d’équipe. Ce sera notamment le cas des formations anti-terrorisme, des formations qualifiantes en sûreté de haut niveau ou encore des formations des agents de sécurité venant compléter certaines missions de police.

Nul doute que les filières et les formations professionnelles associées à ces nouveaux métiers devraient attirer toute une nouvelle génération de candidats dans un secteur en plein développement. La sécurité privée poursuit donc sa spécialisation et avec elle, l’évolution de son processus de recrutement.

Crédit photo : ©GORON

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