Abonnez-vous à notre
Newsletter

Sécurité événementielle : un défi majeur

Portrait de Thierry Marchand

Durant les deux dernières décennies, la France a organisé plus de 56 rencontres sportives internationales. Un chiffre considérable qui ne prend même pas en compte les grands événements culturels ou politiques. C’est peu dire que la sécurité et la sûreté événementielles représentent un défi majeur. Thierry Marchand, dirigeant du cabinet Caliste et Directeur de la publication de Security-day.com, fait le point, en vidéo, sur les grands enjeux de la sécurisation des événements.

 

En bref

  • Le secteur événementiel français a généré 24,7 milliards d’euros de retombées pour la seule année 2017. 
  • Sécuriser un événement nécessite un continuum de sécurité infaillible entre l’État, responsable de la voie publique, et les acteurs de la sécurité privée qui ont la charge des sites de l’événement.
  • Les nouvelles technologies font leur apparition dans le secteur. Toutefois, de nombreux freins juridiques ralentissent encore leur déploiement à grande échelle.

Quel est le poids de la sécurité et de la sûreté événementielles aujourd’hui ?

« Un match au stade de France, c’est environ 800 agents de sécurité déployés, pour 80 000 spectateurs. » Thierry Marchand insiste d’emblée sur le poids de la sécurité et de la sûreté événementielles en France. Avec autant de forces déployées, le sujet est loin d’être anecdotique. D’autant que les enjeux financiers sont faramineux. Selon l’agence événementielle Heavent Paris, les événements (sportifs, corporate, culturels, etc.) auraient généré 24,7 milliards d’euros de retombées pour la seule année 2017, avec des millions de participants. Sécuriser ces grands moments représente donc un enjeu humain et financier colossal.

Quelles sont les spécificités de la sécurité et de la sûreté événementielle ?

« La sécurité et la sûreté événementielle reprend le cadre d’une tragédie grecque avec une unité de temps, de lieux et d’action », explique Thierry Marchand. Lors d’une crise, tout se passe vite, très vite alors que la foule est généralement nombreuse et que des personnalités (célébrités, responsables politiques, etc.) interviennent. Les scénarios de crise doivent donc être anticipés et réfléchis jusque dans leurs moindres détails. Mais le pilotage de la sûreté se joue en temps réel et l’une des spécificités de la sécurité événementielle reste selon lui la coordination indispensable entre forces de sécurité publique et moyens privés. Plus que dans la plupart des autres domaines de la sécurité et de la sûreté, le continuum doit être sans faille entre les autorités publiques qui sont responsables de la voie publique et les acteurs de la sécurité privée qui assurent la bonne tenue des événements sur leur site (stade, salle de concert, etc.). 

En plus de ce besoin de coordination, le secteur a ses propres attentes en matière de compétence des personnels et donc de besoin en formation. « Même si l’objectif reste identique, un geste technique, par exemple une palpation, peut varier d’un événement à un autre. Il sera en tout cas différent de celui dans un aéroport ou un site industriel », explique Thierry Marchand. Outre les armes, les objets que l’on recherche sont en effet très différents : fumigènes, pétards ou fusées à l’entrée d’un stade vs substances chimiques pour un site Seveso. « Les missions demandent des compétences spécifiques qui doivent s’inscrire dans environnement très singulier ». La formation apparaît donc essentielle pour préparer ces gestes très particuliers ou adapter les profils des personnels engagés.

Quels sont les nouveaux défis du secteur ?

« Le secteur accepte très facilement les évolutions », note Thierry Marchand. Pas étonnant donc que les acteurs du secteur se tournent vers les innovations technologiques pour renforcer l’efficacité des dispositifs. Les drones par exemple, aujourd’hui testés pour mieux appréhender les mouvements de foule. Toutefois, Thierry Marchand note un certain décalage réglementaire : certaines technologies comme la reconnaissance faciale sont encore peu utilisées, du fait d’un cadre législatif très strict. « Mais cela devrait évoluer rapidement. De même que le périmètre de la sécurité événementielle qui devra intégrer de nouveaux domaines tels que la cybersécurité ou la sécurité sanitaire et les enjeux de conformité », conclut le dirigeant de Caliste.