Selon un sondage récent, les Français et les Françaises plébiscitent le recours aux agents de sécurité privée pour la protection des espaces publics et des abords des domiciles. Une position qui va dans le sens d’un continuum de sécurité renforcé que la profession appelle de ses vœux. Dans cet objectif, la loi Sécurité globale de 2021 a déjà amené quelques avancées, tandis que la loi Lopmi (en préparation) pourrait aller encore plus loin. RNM+S fait le point.

À l’approche des congés d’été, l’institut Odoxa a publié, le 28 juin 2022, le « Baromètre sécurité des Français » pour Fiducial et le quotidien Le Figaro. Et c’est peu dire que les personnes interrogées ne sont guère sereines en la matière. Ainsi, elles sont 59 % à se sentir en insécurité. Ce sentiment aurait même une influence sur le choix de leur lieu de villégiature, pour 76 % des Françaises et des Français. Lesquels redoutent les agressions (42 %), les pickpockets (32 %), les incivilités (31 %) et les violences routières (30 %). Ils sont même 69 % à estimer que la côte méditerranéenne n’est pas sûre. Suffisant pour désirer voir, à 56 %, les CRS se maintenir sur les plages pour en assurer la tranquillité. 

Le baromètre Odoxa apporte une donnée importante : les agents de sécurité privée sont identifiés comme des professionnels tout à fait à même de venir en appui des forces de sécurité publique dans ce contexte balnéaire. Ainsi, 66 % des Français sont favorables à une idée innovante : mettre les agents de sécurité à contribution pour piloter les drones de surveillance des plages, en complément de l’action de la police. 

Même constat pour les personnes souhaitant avoir l’esprit plus tranquille en leur absence durant leurs congés. 63 % des personnes interrogées aimeraient que des drones téléguidés par des agents de sécurité privée assermentés puissent surveiller leur domicile. Signe que les Françaises et les Français voient d’un œil favorable le renforcement du continuum de sécurité. 

63 % des Français aimeraient que des drones téléguidés par des agents de sécurité privée assermentés puissent surveiller leur domicile.

Sondage Odoxa pour Fiducial et Le Figaro, juin 2022

Des avancées avec la loi Sécurité globale

Cette contribution conjointe et complémentaire de la police et la gendarmerie, avec les policiers municipaux d’une part, et des sociétés de sécurité privée d’autre part, c’est ce que l’on appelle le continuum de sécurité. Et il est réclamé de longue date par tout un secteur, qui considère qu’il pourrait mener davantage de missions. 

Déjà, la loi Sécurité globale adoptée en mai 2021 a élargi le champ d’action des agents de sécurité privée. Ainsi, les agents titulaires d’une carte professionnelle n’ont plus besoin d’obtenir un agrément spécifique pour réaliser des palpations de sécurité dans le cadre des périmètres de sécurité, ou à l’occasion des manifestations sportives, récréatives ou culturelles. Par ailleurs, les autorisations exceptionnelles d’exercice de missions de sécurité privée sur la voie publique, délivrées par les préfets de département, peuvent désormais être sollicitées pour un motif de surveillance contre les actes de terrorisme. Enfin, les agents privés de sécurité sont autorisés à utiliser des moyens radioélectriques, électroniques ou numériques pour détecter les drones aux abords des biens dont ils ont la garde. 

Continuum de sécurité : la future loi Lopmi pourrait aller plus loin

Le projet de loi Lopmi (loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur), présenté en mars 2022, est scruté de près par toute une profession. Ce texte, qui s’inscrit dans la suite du Beauvau de la sécurité, prévoit pas moins de 15 milliards de crédits de plus dans le budget de l’Intérieur sur les cinq prochaines années, de 2023 à 2027.

Parmi les objectifs mis en avant, celui de « mieux piloter le continuum de sécurité ». Une volonté qui pourrait se concrétiser notamment avec la création d’une direction des partenariats au ministère de l’Intérieur. Celui-ci indique également vouloir « poursuivre les travaux, après des avancées déjà significatives en matière de partenariat avec le secteur de la sécurité privée et les polices municipales ». À ce stade, les contours de ce continuum de sécurité enrichi ne sont pas encore clairement définis. 

Les Jeux olympiques de 2024, un test grandeur nature pour le continuum de sécurité 

25 000, voire 35 000 agents de sécurité privée pour sécuriser les sites de compétition, les événements annexes, les fan zones… Et jusqu’à 10 000 fonctionnaires de police pour se charger de la voie publique. Voilà pour les besoins dans le cadre de la tenue des Jeux olympiques de Paris 2024. De fait, ce rendez-vous planétaire va constituer un véritable laboratoire du continuum de sécurité, en ce qu’il va exiger une excellente coordination entre ces différents acteurs pour le bon déroulement des épreuves et la sécurité des populations. 

Le secteur de la sécurité s’y prépare en lançant notamment des opérations de recrutement massives, malgré des difficultés récurrentes en matière d’attractivité. La création prochaine (d’ici fin 2022) d’un centre public de certification des chiens renifleurs à Biscarosse dans les Landes, dans la perspective des JO 2024, marque un pas supplémentaire vers le continuum de sécurité. En effet, l’activité de détection d’explosifs à l’aide d’un chien a été autorisée (et strictement encadrée) pour les agents privés de sécurité avec la loi Sécurité globale. Une grande nouveauté ! 

« Les JO ont été un accélérateur : tous les opérateurs veulent se prémunir du risque d’attentat. Aussi bien pour les stades que pour les équipements culturels, les grands hôtels, les fan zones, etc. Les services de l’État ne pouvaient pas faire face seuls à la demande », expliquait Didier Soules, commissaire de police divisionnaire qui pilote le projet de centre national de certification en cyno-détection, au journal Le Parisien en avril 2022.
Ce centre sera strictement réservé aux agents de sécurité privée, qui pourront ainsi se former dans l’objectif d’augmenter le recours aux chiens détecteurs. Trois cents fidèles compagnons seront éduqués en ce sens pour compléter les effectifs publics.

Continuum de sécurité : ça avance !

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