Abonnez-vous à notre
Newsletter

Coronavirus : fortes turbulences pour la sûreté aéroportuaire

personnes portant des masques dans un aéroport

La crise du Covid-19 a de quoi bouleverser le secteur de la sûreté aéroportuaire. Arrêt quasi complet de l’activité, redémarrage partiel, mise en place des gestes barrières… Les professionnels sont en pleine tourmente. Au point de demander l’aide de l’État.

Malgré la lente reprise des vols, la crise du coronavirus, le confinement et la fermeture de certaines frontières continuent de fragiliser le secteur de la sûreté aéroportuaire. Selon Jean-Baptiste Thélot, président du Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (Sesa) dans un entretien au magazine Décideurs, chaque mois, le secteur perd environ 7 millions d’euros. Et ce, alors même que l’État prend en charge 100 % des salaires des agents à l’arrêt. C’est que, même avec des salaires compensés en totalité, les entreprises de la sûreté des aéroports doivent tout de même régler certains coûts fixes, comme les formations obligatoires des salariés. Résultat : en ce mois de septembre 2020, l’avenir apparaît toujours morose.

Infographie sur les chiffres de la sûreté aéroportuaire

À quand la reprise ?

D’autant que l’activité des aéroports français ne s’annonce pas au beau fixe. Par exemple, en juillet, au cœur des vacances, l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle enregistrait 50 % de vols en moins qu’à la même période l’an passé, selon les données du spécialiste Flightright. Et Roissy reste l’aéroport le moins touché par la baisse d’activité en France, toujours selon Flightright. À Toulouse, le nombre de vols a diminué de 80 %. Un record. Quant à la reprise, elle semble loin, selon les spécialistes. Jean-Baptiste Thélot estime ainsi que le trafic reviendra à la normale d’ici un an et demi.

La sûreté aéroportuaire à l’épreuve du Covid-19

En plus des inquiétudes sur la reprise de l’activité, les professionnels du secteur sont également confrontés à des problématiques très opérationnelles, et pour lesquelles ils doivent trouver des alternatives et des réponses concrètes. Avec un coût difficilement supportable, compte tenu du contexte économique.

Comment pratiquer la palpation en respectant le principe de distanciation ? Comment contrôler des effets personnels, susceptibles d’être contaminés ? Qu’en est-il des tapis roulants, eux aussi en contact ? Comment vérifier l’identité d’une personne masquée ? Comment gérer le flux des voyageurs et voyageuses, avec de nouveaux gestes comme le contrôle de la température avec les caméras thermiques ? Et cela, avec un niveau et une exigence de sécurité inchangés, les risques antérieurs à la pandémie demeurant. La gageure est immense pour le secteur.

À Paris-Charles-de-Gaulle par exemple, l’application du protocole à suivre en cas de fièvre trop élevée s’opère sous l’autorité du service médical d’urgence de l’aéroport, en lien avec le centre hospitalier Robert-Ballanger. De quoi soulager un peu les agents de la sûreté aéroportuaire.

Se pose enfin la question de la palpation. Elle pourrait être compensée par un redoublement des passages sous les portiques de détection. Les pistes existent. Mais, quels que soient les protocoles imaginés, les investissements matériels et humains sont importants. Sans parler du temps de formation des personnels. Un coût si important que l’État vient de débloquer une enveloppe de 300 millions d’euros pour venir en aide aux entreprises du secteur. À voir si cela sera suffisant pour sauver un secteur menacé.