Moins médiatisée que les JO de Paris 2024, la Coupe du monde de rugby organisée en France en septembre et octobre 2023 mobilise pourtant ministère de l’Intérieur, forces de l’ordre et agents de sécurité privée. Que sait-on pour l’heure de la stratégie de sécurité qui sera mise en place lors de cet événement, considéré comme une répétition générale des Olympiades françaises ?

Des effectifs mobilisés en moins grand nombre mais plus longtemps

La Coupe du monde de rugby est considérée comme un laboratoire pour les Jeux olympiques de Paris, qui se déroulent tout juste un an plus tard. Pourtant, les deux événements n’ont pas tout à fait la même configuration. 

Les vingt équipes de rugby participantes s’affronteront du 8 septembre au 28 octobre 2023, avec des jours de relâche ; alors que les JO seront condensés sur 15 jours (du 26 juillet au 11 août 2024). Pour la Coupe du monde de rugby, il y aura moins de sites de compétition à sécuriser (9 stades versus 40 sites pour les JO). Par conséquent, les épreuves olympiques sont concentrées sur 15 jours, avec de nombreuses enceintes à sécuriser quotidiennement et en simultané.

Les spectatrices et spectateurs de rugby seront également moins nombreux à se presser dans l’Hexagone. 600 000 fans du ballon ovale devraient faire le déplacement, contre 10 millions de spectateurs pour les Olympiades françaises. Des différences qui ont des conséquences sur les forces de sécurité à mobiliser. 

Le 15 février 2023, le Sénat a auditionné le directeur général du groupement d’intérêt public (GIP) chargé de l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Les questions sécuritaires et budgétaires liées à l’événement ont été longuement évoquées. Selon Julien Colette, l’événement devrait mobiliser au total 6 300 agents de sécurité privée. Il s’agit, d’après le DG, d’un « pic de mobilisation d’agents de sécurité privée qui correspond à un week-end de match de Ligue 1 » (championnat de football français, NDLR). 

Un dispositif cependant adapté en fonction de chaque stade et des spécificités de la rencontre. Ainsi, la Coupe du monde pourra compter « jusqu’à 1 000 agents de sécurité autour du Stade de France et 300 au stade de la Beaujoire ». Rappelons que pour les JO, 22 000 agents de sécurité privés seront nécessaires.

De son côté, précédemment auditionné le 25 octobre 2022 par la commission des lois et la commission de la culture, l’éducation et la communication, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait indiqué que la coupe du monde de rugby de 2023 mobiliserait « près de 7 000 membres des forces de l’ordre par jour en moyenne ».

« La Coupe du monde de rugby devrait mobiliser 6 300 agents de sécurité privée et 7 000 membres des forces de l’ordre ».

Une plateforme de revente officielle de billets pour contrer la fraude

2,2 millions de billets seront vendus pour la compétition. L’initiative est censée éviter la fraude, le marché noir aux prix prohibitifs, l’émission de faux billets et les arnaques. Le 24 janvier 2023, les organisateurs de la Coupe du monde de rugby ont lancé une plateforme de revente spécifique à l’événement sportif. Le principe : les personnes qui ne peuvent plus assister à la compétition et qui souhaitent revendre des billets peuvent le faire sur une plateforme sécurisée où les transactions sont contrôlées. Ce type de dispositif tend à se développer pour éviter les escroqueries. L’Olympique de Marseille et la Fifa (la Fédération internationale de football) ont leur plateforme de revente.

Un choix justifié ainsi : « France 2023 réaffirme sa détermination dans la lutte contre le marché noir et la dérégulation des prix pratiquée sur des sites de revente illégaux ou sur les réseaux sociaux, qui sont tous étroitement surveillés ». Les personnes mal intentionnées sont prévenues ! 

Des dispositifs innovants testés lors de la compétition

La Coupe du monde de rugby est considérée comme « une répétition générale » des JO par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. À ce titre, plusieurs dispositifs de sécurité innovants, dont certains faisant appel à l’intelligence artificielle, devraient être testés dès le coup d’envoi de l’événement en septembre 2023. 

Il faudra cependant attendre la promulgation de la loi spécifique relative aux Jeux olympiques et paralympiques 2024. Le projet, adopté en première lecture par le Sénat le 31 janvier 2023, doit désormais être examiné par les députés, avant d’être adopté définitivement. 

Les pouvoirs publics souhaitent pouvoir utiliser, dès la Coupe du monde de rugby, certains équipements dans des enceintes sportives et aux abords des transports en commun, comme :

  • Les caméras augmentées capables de détecter un mouvement de foule, un colis abandonné ou une personne au comportement anormal,
  • Des drones intelligents pour déceler certaines menaces depuis les airs, 
  • Des scanners corporels à l’entrée des stades. 

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