Alors même que les fraudeurs se professionnalisent, le secteur de l’assurance fourbit ses armes. Grâce à l’Agence de lutte contre la fraude à l’assurance (ALFA), les compagnies se dotent d’outils de pointe et redoublent leurs efforts. Son directeur, Maxence Bizien, détaille les enjeux de la malveillance dans le secteur et les solutions mises en place pour mieux la détecter.

Un demi-milliard d’euros de pertes annuelles constatées pour la fraude à l’assurance sur la branches dommages (IARD). Le chiffre a de quoi glacer l’échine des compagnies d’assurance… et des assurés puisque ce n’est que la partie visible de l’iceberg. En effet, selon l’Argus de l’assurance, ces pertes se répercutent également sur le prix des contrats des particuliers et des entreprises avec un surcoût annuel de 50 euros en moyenne. 

Responsabilité civile, auto, prévoyance, santé… tous les domaines sont touchés avec des fraudeurs de plus en plus professionnels, selon le directeur de l’ALFA, Maxence Bizien. Ces derniers exploitent tous les leviers de l’escroquerie dans tous les secteurs d’activités : de l’arnaque au président, au carrousel de TVA, à la fausse déclaration de sinistre en passant par la création de sociétés éphémères pour toucher des fonds. Conséquence pour les assureurs : ces fraudeurs sont de plus en plus difficiles à cerner. Un problème que rencontrent d’ailleurs les grandes entreprises confrontées aux cybermenaces.

 

Pour contrer ces menaces, l’ALFA développe, avec ses adhérents, des outils de pointe. Déjà dans l’assurance auto, l’association a conçu une solution capable d’analyser des quantités phénoménales de données de manière à détecter les comportements des fraudeurs. Mis en place depuis peu, l’outil enregistre des premiers résultats encourageants. À tel point que l’ALFA proposera d’étendre ce type de solutions à d’autres domaines de l’assurance d’ici quelques années. L’objectif à terme pour le directeur de l’ALFA ? Mieux détecter les tentatives de fraudes pour éviter de décaisser les fonds et, ainsi, protéger la communauté des assurés honnêtes qui sont très largement majoritaires. Un enjeu de taille pour tous les acteurs de la sécurité et de la sûreté.

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