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Les inondations, nouvelle menace numéro 1 pour les entreprises

Paris France débordement Seine

Entrepôts inondés, bureaux inaccessibles, chaîne logistique paralysée… les entreprises doivent désormais composer avec un risque majeur pour la sécurité des personnes et des biens : les inondations. Heureusement, les pouvoirs publics et les chambres consulaires s’organisent pour les accompagner. Explications.

Neuf millions d’emplois exposés au risque inondation

Le réchauffement climatique et son lot de phénomènes extrêmes ne sont plus un lointain péril. Selon l’ONU, le nombre de ces phénomènes a même doublé en 20 ans. Principales menaces : les inondations et les tempêtes. La France n’est pas épargnée. Elle connaît régulièrement des épisodes météorologiques aux conséquences humaines dramatiques et à l’impact économique désastreux. 

D’après les chiffres du ministère de la Transition écologique, les inondations représentent le premier risque naturel en France « par l’importance des dommages qu’[elles] provoquent, le nombre de communes concernées, l’étendue des zones inondables et les populations résidant dans ces zones ». Plus de 9 millions d’emplois sont ainsi exposés aux débordements de cours d’eau, et plus de 850 000 emplois sont potentiellement concernés par les submersions marines. L’Observatoire national des risques naturels (ONRN) estime, par ailleurs, qu’environ 12 % des entreprises de France hexagonale se situent en zone inondable. 

Faire cohabiter risque inondation et scénarios d’aménagement innovants

Si la localisation en zone inondable n’empêche pas l’activité économique et industrielle, elle suppose cependant de s’y préparer et de s’y adapter. Signe qu’il faut plus que jamais faire face avec lucidité à ce risque, les initiatives se multiplient. 

>>> Lire aussi : Comment les entreprises se préparent au risque climatique

Un appel à projets a ainsi été lancé en février 2021, sous la houlette des ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, en lien avec le Plan urbanisme, construction, architecte (Puca) et le Cerema (Climat & Territoires de demain). 

Ce concours d’idées est intitulé « Mieux aménager les territoires en mutation exposés aux risques naturels » (Amiter). Il a d’ores et déjà retenu 9 collectivités candidates. Il s’agira de faire émerger des scénarios d’aménagements innovants, pour réduire les vulnérabilités de sites inondables sans toutefois freiner leur développement. Sur ces sites cohabitent effectivement plusieurs dimensions (habitat, paysages naturels, zones d’activités économiques, zones industrielles, parcs d’entreprises) qu’il convient de prendre en compte. 

Insuffler une culture du risque aux décideurs

La réduction des vulnérabilités figure déjà au cœur des préoccupations des chambres consulaires, qui multiplient les actions de sensibilisation. De nombreuses chambres de commerce et d’industrie (CCI) de l’Hexagone ont mis en place des accompagnements spécifiques à destination des dirigeantes et dirigeants d’entreprises confrontés au risque inondation. 

C’est par exemple le cas dans le Vaucluse, où la CCI a ciblé un millier d’entreprises sur 9 communes en prise directe avec le Rhône. Au programme du « parcours prévention inondations », un autodiagnostic en ligne suivi de recommandations à appliquer. Et pour les entreprises les plus exposées, une aide à la constitution de dossiers de demandes de subventions pour des travaux et mesures de protection. La CCI du pays d’Arles, du Var ou encore celle de Paris et Île-de-France développent également des programmes en ce sens. 

Les acteurs publics font aussi leur part

Collectivités locales et syndicats mixtes de rivières ne sont pas en reste et sensibilisent, eux aussi, les dirigeants à mieux se protéger. En particulier dans le sud de la France, confronté régulièrement à des inondations aux dommages importants. Communauté de communes du golfe de Saint-Tropez, métropole de Toulon, Ville de Nîmes, agglomération de Sophia-Antipolis… la liste est longue.

Les TPE et PME doivent prendre conscience de leur vulnérabilité.

Comme les CCI, État et collectivités invitent les directions des entreprises à prendre conscience du risque, à s’informer, à mettre au jour leurs points d’amélioration et à se faire accompagner pour bien se préparer. La direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Île-de-France a ainsi édité un guide très complet à destination des TPE et PME. Il incite à « prendre conscience de sa vulnérabilité » afin d’« anticiper la crise pour limiter les dégâts et prévoir un retour à la normale plus rapide ». Face à un risque prépondérant, l’heure est à la mobilisation.