Les Jeux Olympiques de Paris 2024 se sont achevés il y a quelques semaines, marquant la fin d’un événement historique pour la capitale française, tant sur les plans sportif que populaire… et sécuritaire ! La ville, qui a accueilli des millions de visiteurs, devait en effet relever un défi majeur : assurer la sécurité d’une compétition sportive mondiale dans un contexte de risques multiples. Quel bilan tirer de ces JO d’un point de vue sécuritaire ? Comment la France s’est-elle organisée pour protéger les athlètes, les spectateurs et les lieux emblématiques, et avec quels résultats ?

« S’il y a des médailles d’or distribuées aux sportifs, il y a aussi une médaille d’or à donner aux policiers et gendarmes français », déclarait Gérald Darmanin, alors encore ministre de l’Intérieur, le 9 août dernier à quelques heures de la fin des Jeux Olympiques. Une métaphore sportive en guise d’hommage, venue saluer le bilan sécuritaire très largement positif de ces olympiades. En effet, malgré les craintes légitimement suscitées par le contexte géopolitique mondial agité et l’ampleur de l’événement, les forces de l’ordre et les personnels de sécurité déployés durant la compétition ont relevé les nombreux défis qui leur faisaient face. 

S’il y a des médailles d’or distribuées aux sportifs, il y a aussi une médaille d’or à donner aux policiers et gendarmes français

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur durant les JO

Une cérémonie d’ouverture sans accroc 

La question de la cérémonie d’ouverture fut parmi celles qui agitèrent le plus les débats autour de la sécurisation des Jeux Olympiques de Paris au cours des mois précédant l’événement. Une parade à ciel ouvert, sur la Seine : jamais un tel spectacle n’avait été organisé dans l’histoire olympique. Le caractère inédit et grandiose de ce spectacle inquiétait cependant à plusieurs titres. Les shows d’ouverture ont traditionnellement lieu dans des stades. Des structures fermées, beaucoup plus simples à sécuriser que les berges d’un fleuve, où peuvent s’amasser bien plus de spectateurs que ne peut en accueillir une enceinte sportive. 

Pour les forces de l’ordre, assurer la sécurité des 360 000 fans, des 10 500 athlètes et des chefs d’État du monde entier représentait donc un challenge colossal. Les efforts combinés des 45 000 policiers et gendarmes ainsi que des agents de sécurité mobilisés pour l’occasion ont toutefois permis de le relever avec brio, et d’éviter tout incident majeur. 

Seule ombre au tableau du début de ces JO ? Le sabotage coordonné de diverses infrastructures ferroviaires et de télécommunication la veille de la cérémonie d’ouverture. 

Pas d’attentat ni de hausse de la délinquance

C’était bien entendu la crainte n°1. En cette période d’instabilité mondiale globale, les autorités redoutaient que la France et sa capitale soient la cible d’actes terroristes. D’autant que trois projets d’attentats avaient été déjoués dans les mois précédant les JO. Bilan ? Ni incident, ni alerte ! Un résultat obtenu notamment grâce au dispositif drastique déployé en amont de la tenue de la compétition. Des mesures dont l’ampleur se traduit dans les chiffres. Avant l’événement, ont eu lieu : 

  • 1,2 million d’enquêtes administratives menées sur les personnes accréditées pour les JO,
  • 559 mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance,
  • 848 visites domiciliaires,
  • 92 expulsions.

La traditionnelle augmentation de la délinquance qui va habituellement de pair avec un afflux massif de population était également appréhendée. Et n’a également pas eu lieu. Au contraire, les indicateurs étaient plutôt à la baisse. Entre la mi-juillet et la mi-août, 958 touristes ont été victimes d’infraction selon la préfecture de police. Sur la période spécifique des JO, une baisse de 4 % des infractions par rapport à 2023 a été enregistrée. Un bilan là encore largement positif, et bien meilleur que ce que les autorités pouvaient redouter. 

Les menaces cyber bien jugulées

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a été la cheffe de file du volet cybersécurité durant la préparation et la conduite des Jeux Olympiques et Paralympiques.

L’entité gouvernementale avait notamment pour mission de : 

  • sécuriser les systèmes d’information critiques,
  • identifier et comprendre les menaces cyber pesant sur les Jeux,
  • protéger les données sensibles,
  • sensibiliser l’écosystème des Jeux,
  • intervenir en cas d’attaque cyber affectant les Jeux.

Des missions rondement menées : 548 événements de cybersécurité ciblant des institutions ou des structures en lien avec l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques ont été rapportés à l’ANSSI entre le 8 mai et le 8 septembre 2024 et ont donné lieu à un traitement opérationnel. Parmi les menaces détectées : attaques par DDoS, compromissions, divulgations de données, ou encore exploitation de vulnérabilités des systèmes de sécurité. Les secteurs les plus ciblés ont été les organismes gouvernementaux, le sport, le divertissement et les télécommunications.

Aucun événement de cybersécurité n’a impacté les cérémonies d’ouverture, de clôture ou encore le bon déroulement des épreuves olympiques. Tous les incidents de cybersécurité survenus au cours de cette période se sont caractérisés par leurs faibles conséquences.

Le secteur de la sécurité privée a répondu présent

Enfin, autre leçon à tirer de la sécurisation de ces JO : les 16 à 17 000 agents de sécurité privée mobilisés quotidiennement en moyenne ont répondu présent, et ont su combler les attentes placées en eux. Source d’inquiétude avant la cérémonie, les entreprises et professionnels du secteur ont démontré toute leur agilité, et toute leur capacité à prendre part de façon efficiente à un événement d’ampleur. 

Une efficacité saluée par les membres de l’organisation des JO, qui ont tenu à souligner auprès de l’AFP « la très grande anticipation, la qualité de la coopération entre les entreprises et Paris 2024, et le très fort investissement de tous les acteurs, État, organisateurs et entreprises de sécurité, qui ont permis de mobiliser, dans un contexte d’insuffisance structurelle de ressources, un volume d’agents jamais atteint. »

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