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Le long combat des femmes dans la cybersécurité

Une femme travaillant dans la cybersécurité

Les femmes qui exercent des métiers dans le domaine de la cybersécurité se font bien plus rares que les hommes. En 2019, d’après les chiffres d’une enquête publiée par le consortium (ICS)2, elles ne représentaient que 24 % des salariés dans le domaine de la cybersécurité dans le monde. Pire : en France, cette statistique n’est que de 11 %. Comment réussir à se faire une place en tant que femme dans un secteur dominé par les hommes ? 

Le secteur de la cybersécurité serait-il machiste ? Dans certaines régions, et notamment en France, les professions liées à la cybersécurité peinent à faire une place aux femmes. Là où 50 % des effectifs sont des femmes en Asie, ce chiffre est presque 4 fois inférieur en France avec seulement 11 % de femmes. Les chiffres dans les autres secteurs liés à l’informatique et l’ingénierie ne sont guère plus glorieux. D’après Talents Numérique, le numérique ne compte que 27,4 % de femmes. En creusant un peu, les chiffres sont encore plus faibles avec 20 % de femmes dans l’ingénierie et 16 % des techniciens d’études et développeurs informatiques. 

Dans le secteur de la cybersécurité, en plus d’être sous-représentées par rapport aux hommes, elles doivent également subir des écarts de salaires importants. En moyenne, dans le monde, elles sont payées 29 % de moins que les hommes pour un même poste, si l’on se rapporte aux chiffres du rapport “Women in Cybersecurity” publié par (ISC)2 en 2019. 

Là où 50 % des effectifs sont des femmes en Asie, on compte seulement 11 % de femmes en France.

Une sous-représentation dans le secteur et des écarts de salaire qui peuvent expliquer que certaines soient moins motivées à l’idée d’entrer dans un domaine surreprésenté par des hommes. Mais comment expliquer cette réticence de la part de certaines femmes à l’idée d’embrasser une carrière dans ce secteur ? À ce sujet, Charlotte Graire, Head of Strategy & Business Development de Airbus CyberSecurity, déclarait, dans un article de Stormshield, qu’il fallait que les enseignements et l’éducation incitent à plus de parité et d’égalité dans le domaine. 

Des solutions en faveur du changement

Si les inégalités sont encore frappantes dans beaucoup de secteurs du numérique pour les femmes, des solutions novatrices et pleines d’ambition redonnent un peu d’espoir. C’est notamment le cas en Asie, et plus particulièrement en Inde. Dans ce pays, les chiffres témoignent d’inégalités significatives : sur les 1,5 million d’ingénieurs diplômés chaque année dans le pays, 30 % seulement sont des femmes. Pour pallier ce déficit et épauler les femmes qui souhaitent entrer dans le secteur, un programme d’études a été lancé pour permettre à des jeunes filles provenant de quartiers défavorisés d’étudier la cybersécurité. L’initiative a été lancée par deux femmes ayant réussi dans le domaine : Manju Dhasmana, directrice de la cybersécurité chez Microsoft Inde, et Rama Vedashree, CEO de la Data Security Council of India (DSCI), une industrie focalisée sur la protection des données. Les résultats sont plus qu’encourageants : sur le premier groupe de 30 femmes ayant participé au programme, 12 travaillent maintenant pour des sociétés informatiques. 

Du côté de l’Europe, l’heure est aussi au changement. En effet, de nombreuses associations et programmes ont été créés afin d’accompagner les jeunes filles qui veulent faire carrière dans le secteur et leur donner leur chance. On peut citer parmi les plus significatives : 

  • le cercle des femmes de  la cybersécurité, à l’image du club des femmes dans la sécurité, qui réunit des professionnelles du secteur et veut ainsi créer un réseau de discussion et de contacts entre les femmes ;
  • Women 4 Cyber créée par l’Organisation européenne de la Cybersécurité qui vise à accroître la participation des femmes dans le monde numérique pour  répondre à la demande toujours plus importante de professionnels de la cybersécurité en Europe ;
  • Girls4Tech, un programme éducatif créé par MasterCard afin de donner envie aux jeunes filles de se lancer dans le domaine des STIM (Sciences, technologies, Ingénierie, mathématiques) à travers une formation ludique abordant des sujets comme le cryptage, la biométrie, la détection de la fraude et le travail de détective, compétences en lien direct avec la cybersécurité.

Si le chemin à parcourir est encore long pour les femmes dans la cybersécurité, des initiatives voient le jour. Peut-être permettront-elles de faire évoluer le secteur.