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Portrait de décideur : Claire Jacquemet, Directrice Business Unit Services groupe Finsecur, Présidente du Club des Femmes dans la Sécurité

Portrait de décideur : Claire Jacquemet — RNMPS

Rendre Notre Monde + Sûr poursuit sa série “Portraits” pour aller à la rencontre des experts et décideurs qui travaillent dans le domaine de la sûreté et de la sécurité privée.

Pour ce quatrième volet, nous vous invitons à découvrir le parcours de Claire Jacquemet, Directrice Business Unit Services  au sein de l’entreprise Finsecur — fabricant français de matériel de sécurité incendie — , Présidente du Club des Femmes dans la Sécurité Sûreté et le Numérique, et Vice Présidente de Anitec. Engagée pour développer les activités de services au sein de son groupe, cette grande professionnelle s’active tout autant pour encourager la féminisation des métiers de la sécurité.

Portrait de décideur : Claire Jacquemet — RNMPS

  • Quelles sont actuellement vos missions au sein du groupe Finsecur?

J’occupe aujourd’hui le poste de Directrice Business Unit Services au sein du groupe Finsecur, une entreprise française fabricante de matériels pour la sécurité incendie. Depuis 2016, je suis en charge du développement de toutes les activités de services du groupe Finsecur – détection incendie / protection incendie / désenfumage — , de façon à proposer à nos clients une offre complète pour la prévention de leurs risques incendie. Mes tâches quotidiennes s’articulent autour du développement du business, du management des équipes qui travaillent dans ces  activités, des relations clients et du suivi des indicateurs financiers. Concrètement, mes objectifs consistent à développer ces métiers de services, à augmenter le taux de satisfaction des clients et à améliorer la rentabilité de cette activité chez Finsecur.

  • Comment s’est déroulé votre parcours dans le secteur de la sécurité ?

Je suis diplômée d’une grande école de commerce — HEC —, avec une spécialisation par la suite en informatique de gestion et en droit des affaires. A ma sortie de l’école, j’ai été commerciale dans l’informatique durant 3 ans, puis j’ai souhaité revenir à ma formation initiale de financière.

Mon arrivée dans le secteur de la sécurité s’est donc un peu fait par hasard : dans les années 1990, j’ai été recruté par la société SPS (filiale d’Ecco devenue Adecco) à l’époque numéro 1 de la surveillance humaine en France. J’ai alors pris en charge le contrôle de gestion des activités de l’entreprise pour la surveillance humaine, la télésurveillance, le transport de fonds et la sécurité électronique. Au départ, j’ai saisi cette opportunité car le poste m’intéressait beaucoup. Mais plus que ça, cela m’a permis de véritablement m’engager dans le domaine de la sécurité et de me former sur le terrain. Cela m’a beaucoup enthousiasmée ! Ce poste m’a permis de développer une approche globale de la sécurité. J’ai été amenée à travailler sur tous les sujets : le gardiennage, le transport de fonds, la sécurité incendie, la sûreté électronique, et la télésurveillance, mais aussi des solutions techniques qui étaient à l’époque avant-gardistes. J’ai ainsi pu me familiariser avec différents métiers de la sécurité humaine et électronique, et c’est ainsi que j’ai progressé.

Par la suite, je suis devenue Directrice des opérations de l’entreprise Chubb puis Directrice générale de l’entreprise Chubb Sécurité Electronique, spécialisée dans l’alarme et la télésurveillance. Ensuite, j’ai passé huit ans dans le groupe DEF, en tant que Directrice Générale de SSI Services.

Dès le début de mon parcours et tout au long des expériences qui ont suivi, je dois dire que mes supérieurs m’ont toujours permis de beaucoup apprendre. Chacun d’entre eux étaient des visionnaires dans leur genre et j’ai bénéficié de leurs idées avant-gardistes pour évoluer moi-même.

  • Vous êtes également fondatrice et Présidente du Club des Femmes dans la sécurité. Pouvez-nous présenter ce groupe et ses missions ?

Au cours de mes 30 années d’expérience, j’ai toujours été quasiment la seule femme cadre, membre du comité de direction dans toutes les entreprises où j’ai travaillé. Ce constat m’a rapidement donné l’envie de féminiser les métiers de la sécurité. C’est comme cela qu’en 2015, j’ai créé le Club des femmes dans la sécurité, en collaboration avec l’Anitec (Alliance nationale des intégrateurs de technologies connectées sécurisées pilotées) dont je suis déjà vice présidente.

Au cours de mes 30 années d’expérience, j’ai toujours été quasiment la seule femme cadre, membre du comité de direction dans toutes les entreprises où j’ai travaillé.

Ce groupe a pour moi deux objectifs principaux. Il s’agit d’abord de créer un lieu de rencontre pour toutes les femmes qui travaillent à des postes à responsabilité dans le domaine de la sécurité — et elles ne sont pas si nombreuses —.  Aujourd’hui, nous avons réuni plus de 80 professionnelles, qui évoluent dans des spécialités très différentes au sein de la sécurité-sûreté (secteur privé, public, etc). Ces femmes, qui ont toutes su prendre des positions clés dans leur domaine, partagent généralement des expériences et des visions similaires sur leur profession. Mais avant tout, elles sont passionnées par leur métier et ont la volonté de tisser un réseau d’échanges et d’opportunités avec leurs consoeurs. Pour les aider à formaliser ce réseau, nous organisons un déjeuner ou un after-work tous les deux mois, pour nous retrouver et échanger autour de réunions thématiques.

D’ailleurs, je tiens à préciser que depuis le mois de mars 2019, le nom de ce groupe a évolué pour devenir “le Club des femmes dans la sécurité – sûreté – gestion des risques et numérique”. Il y a deux raisons à cela : le club étant lié à l’Anitec, il nous a paru évident d’ajouter la notion “numérique” désormais incontournable dans le contexte actuel. Nous avons aussi souhaité inclure de nombreuses professionnelles qui travaillent pour la sécurité via des activités connexes comme la cybersécurité et la reconnaissance faciale, qui constituent des innovations technologiques majeures dans le domaine de la sécurité.

En tant que Présidente de ce groupe, mon rôle est justement de mettre à l’honneur toutes ces professionnelles modèles et inspirantes qui ont réussi dans notre domaine, afin de convaincre d’autres jeunes femmes d’orienter leur carrière vers le monde de la sécurité-sûreté.

En tant que Présidente de ce groupe, mon rôle est justement de mettre à l’honneur toutes ces professionnelles modèles et inspirantes qui ont réussi dans notre domaine, afin de convaincre d’autres jeunes femmes d’orienter leur carrière vers le monde de la sécurité-sûreté.

C’est justement le deuxième objectif du Club des femmes dans la sécurité. Nous souhaitons offrir plus de visibilité aux métiers de la sûreté-sécurité, afin que de plus en plus de jeunes femmes prennent connaissance des opportunités qui existent dans notre filière. Cette meilleure visibilité est en effet essentielle pour que notre secteur se développe. On peut donc vraiment dire que notre groupe a également une vocation sociale : celle de développer les opportunités humaines de notre domaine.

  • Selon vous, pourquoi le monde de la sécurité-sûreté a-t-il tout intérêt à recruter plus de femmes à l’avenir ?

Le monde de la sécurité-sûreté a tout intérêt à se féminiser pour évoluer dans le bon sens. D’abord, l’arrivée de plus de femmes peut être une réponse majeure à la problématique du manque d’effectifs que nous rencontrons actuellement dans notre spécialité. D’autre part — et c’est évident — , la mixité des équipes me semble être une qualité essentielle qu’il faut  encourager : elle permet d’améliorer l’ambiance de travail, et donc la productivité. Bien souvent, les femmes apportent une véritable complémentarité à leurs collaborateurs masculins : une intuition et une sensibilité plus assumées, mais aussi souvent plus de pragmatisme. Dans toutes les équipes qui composent une entreprise, y compris au coeur des comités de direction, cette mixité doit donc à tout prix progresser pour plus d’efficacité. Cela me paraît indispensable dans une sphère dédiée à la protection des personnes et des biens.

Dans toutes les équipes qui composent une entreprise, y compris au coeur des comités de direction, cette mixité doit donc à tout prix progresser pour plus d’efficacité.

Pour que les métiers de la sécurité se féminisent, nous avons non seulement besoin que l’image de ces professions soit valorisée, mais aussi qu’il y ait davantage de jeunes femmes candidates à ces postes. Elles sont actuellement encore trop peu nombreuses, notamment aux fonctions de techniciens sûreté. C’est justement pour encourager le nombre de candidates à ces postes que le Club des femmes lance en 2019 une formation en alternance — un BTS d’action commerciale — en partenariat avec le centre de formation de l’Aforp et le Fonds d’aide contre l’exclusion (FACE).  Je pense que certaines associations comme le Fonds d’aide contre l’exclusion peuvent être des véritables viviers de jeunes femmes, souvent issues de milieux défavorisés et désireuses de trouver une voie professionnelle prometteuse. Nous espérons ainsi attirer leur attention pour leur faire découvrir une nouvelle filière de métiers à laquelle elles n’avaient peut-être pas pensé, et qui leur offrirait des opportunités de carrière.

Cette année, le Club des femmes va également mettre au point un baromètre de la féminisation dans les entreprises de sécurité. Avec des chiffres à l’appui, les directions d’entreprises pourront ainsi constater leurs éventuelles lacunes et rectifier le tir de la parité. Le rôle des femmes modèles de notre Club des femmes dans la sécurité, qu’elles soient dirigeantes, managers ou non, est d’ouvrir la voie, de donner envie d’oser et de susciter des vocations auprès des jeunes. C’est le sens de mon engagement. Je suis dans ce métier parce que j’y crois !

 Le rôle des femmes modèles de notre Club des femmes dans la sécurité, qu’elles soient dirigeantes, managers ou non, est d’ouvrir la voie, de donner envie d’oser et de susciter des vocations auprès des jeunes.

 

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