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Comment la criminalité organisée s’est transformée avec la crise du coronavirus

bannière présentant une personne qui tient un smartphone

La crise sanitaire du coronavirus n’en finit pas d’entraîner des effets inattendus. Selon un rapport d’Europol, la criminalité organisée aura ainsi profité de la situation pour accroître ses cyberattaques et ses escroqueries. Pour les organisations, l’heure est à la vigilance et à la coopération. 

Faux vaccins et fausses attestations

Le magazine Paris Match les a déjà baptisés les “corona-gangsters”. Les escrocs et criminels n’auront pas tardé à s’emparer de la situation sanitaire pour faire évoluer leurs activités. Dès les débuts du confinement en France, de faux sites d’attestations de déplacement dérogatoire ont vu le jour. Leur objectif secret : recueillir des données personnelles pour les revendre. Le spécialiste de la cybersécurité Checkpoint dénombrait ainsi 16 000 nouveaux sites web liés au coronavirus, dès la fin mars. Parmi ces sites, la moitié seraient malveillants, selon les experts de Checkpoint. 

Au fil de la crise, la criminalité s’est organisée pour trouver de nouvelles arnaques et escroqueries. Partout en Europe, de nombreux cambrioleurs se font ainsi passer pour des personnels soignants, pour s’introduire dans des logements ou dans des entreprises au prétexte d’effectuer des tests du Covid-19. D’autres malfrats ont créé de fausses sociétés pour vendre des masques ou du gel hydroalcoolique. Des produits que les acheteurs et les acheteuses n’ont bien sûr jamais reçus. Certains sont même allés jusqu’à vendre de faux vaccins ou de faux médicaments contre le Covid-19. En avril, l’organisation Interpol recensait plus de 2 000 bannières publicitaires circulant sur le net pour faire la promotion de masques contrefaits.

>>> Lire aussi : Covid-19 : Bienvenue dans l’ère de la sécurité sanitaire et des nouveaux risques

La criminalité face à la crise économique

Avec le déconfinement et les premiers signes de la crise économique, Europol sonne l’alerte. L’organisation européenne publie un rapport pour anticiper les scénarios possibles de l’évolution de la criminalité organisée. Selon elle, la crise pourrait amener les malfrats à se tourner vers la vente de contrefaçons de produits de première nécessité à bas coût. 
Autre risque selon Europol : que les criminels s’attaquent aux hôpitaux et aux pharmacies pour s’emparer de matériels à revendre. L’organisation policière anticipe ainsi une hausse de la demande en matériel de sécurité électronique de la part des acteurs de la santé.

Une cybercriminalité en hausse

Pour les entreprises, la menace évolue principalement dans le monde cyber. Europol constate déjà une transformation brutale de la cybercriminalité. Par exemple, les hackers n’attendent plus pour lancer une cyberattaque, après un phishing réussi (un e-mail frauduleux ouvert par un collaborateur ou une collaboratrice, par exemple). « La criminalité a besoin de cash en permanence » explique ainsi le directeur central de la police judiciaire Jerôme Bonet, à l’AFP. Or, face à la baisse de certaines activités comme les cambriolages de logements durant le confinement, les organisations criminelles sont aux aguets. Elles multiplient les cyberattaques et les escroqueries, sans attendre les moments les plus propices pour les déclencher.

Le continuum de sécurité à la rescousse

Face à cette recrudescence des menaces, le rapport d’Europol est sans appel : seule une coopération entre les différentes polices du monde et entre les secteurs pourra contrecarrer les malfrats. « Il est essentiel de continuer à investir dans l’échange d’information », insiste Catherine de Bolle, directrice exécutive d’Europol dans le rapport. Dans ce cadre, le continuum de sécurité entre les forces de l’ordre public et les acteurs de la sécurité privée se révèle d’autant plus important.