L’écart entre les sexes perdure : la parité femmes-hommes ne sera pas encore pour demain dans le secteur de la sécurité privée. De nombreux efforts sont à fournir pour augmenter la représentation des femmes dans ces métiers. Malgré une discrète progression du taux de féminisation, le secteur reste aujourd’hui très masculin. Néanmoins, et contrairement aux idées reçues, les femmes travaillent dans toutes les filières de la branche : agents  cynophiles, agents de sécurité, opératrices en télésurveillance, chefs d’équipe, dirigeantes d’entreprise… Une étude du Groupement des entreprises de sécurité (GES) fait le point sur la diversité et l’inclusion des femmes dans le domaine de la sécurité privée. Voici ce qu’on y apprend.

À l’échelle européenne, la France a tout juste la moyenne

La France ne figure pas parmi les meilleurs élèves en matière de féminisation du secteur. Le diagnostic dressé par le syndicat GES révèle que les métiers de la sécurité privée restent très majoritairement exercés par des hommes, à hauteur de 85 %. En effet, le taux de féminisation s’élevait à 15 % en 2020, ce qui était déjà le cas dix ans plus tôt.

Le pays se maintient ainsi timidement au-dessus de la moyenne européenne, située à 14 %, à l’instar du Luxembourg et de la Belgique. En revanche, ce secteur en France compte une proportion moindre de femmes par rapport à d’autres États d’Europe, tels que l’Allemagne (20 %), la Norvège (30 %), ou encore l’Estonie (34 %). 

Il faut dire que le secteur se heurte à un déficit d’image, d’après une enquête réalisée par le « Club des femmes dans la sécurité, la sûreté et le numérique » sur la perception des femmes dans le domaine. Ce baromètre révèle que la sécurité privée souffre d’un manque d’attractivité, car elle renvoie au cliché du métier d’homme.Les candidates potentielles connaissent mal les opportunités des différentes filières. Pourtant, 97,2 % des répondantes et répondants se déclarent prêts à embaucher des femmes pour des fonctions liées à la sécurité et à la sûreté.

Bon à savoir : la branche privée de la sécurité est nettement moins féminisée que la branche publique. Dans la police nationale, par exemple, le taux de féminisation atteint 28 %.

La taille des entreprises, curseur de la diversité dans la sécurité privée

La catégorie à laquelle appartient une entreprise semble aller de pair avec une mixité plus ou moins prononcée. Étonnamment, cette corrélation n’est pas linéaire. En effet, les petites structures et les organisations d’envergure paraissent davantage enclines à recruter des femmes, contrairement aux sociétés de taille intermédiaire. 

Pour preuve, les taux de féminisation observés par le GES : 

  • 17 % pour les petites entreprises de moins de 20 salariées et salariés, 
  • 12 % pour les sociétés de 20 à 99 personnes, 
  • 14 % pour les entreprises de 100 à 499 personnes, 
  • 16 % pour les grands groupes de plus de 500 personnes. 

La sécurité privée est pour toutes et tous.

GES-Info n°2

Le grand écart de la féminisation du secteur selon les segments d’activité

La place des femmes dans la sécurité privée varie selon le type de métier exercé. C’est dans la filière de la sûreté aéroportuaire que l’égalité femmes-hommes est la plus présente. Les femmes occupent près de la moitié des postes (46,5 %). En cause : la palpation des passagères, qui requiert l’intervention obligatoire d’un personnel féminin. La télésurveillance tend également vers la parité, avec un taux de féminisation à 37 %.  

À l’inverse, les activités de surveillance, de distribution et de prévention du risque incendie sont à la traîne en matière d’effectifs féminins. Leurs rangs comptent seulement 15 300 femmes, contre 100 000 hommes environ. 

Les femmes, de plus en plus attirées par les métiers de la sécurité privée

Si les femmes sont trop peu à exercer dans la sécurité privée aujourd’hui, leur proportion est plus forte sur les bancs des formations. Le rapport du GES confirme cette tendance favorable, et dénote la volonté des femmes d’entreprendre une carrière dans ce domaine. 

Parmi les 4 certifications de la branche, c’est celle d’agente de sécurité aéroportuaire qui séduit le plus les femmes. Une fois n’est pas coutume, le nombre de candidates (54,5 %) y est même supérieur au nombre de candidats. 

Autre bonne nouvelle : le titre à finalité professionnelle d’agente de prévention et de sécurité enregistre une part croissante de profils féminins depuis 4 ans (14,6 % en 2018, vs 17,2 % en 2021). La formation de maître-chien a aussi le vent en poupe auprès des femmes : le taux de féminisation a bondi de 24,6 % à 34,4 % entre 2020 et 2021. 

En revanche, le bât blesse en ce qui concerne la formation aux métiers de protection physique des personnes, où les femmes sont de moins en moins nombreuses (4 % en 2021).  

Les élèves féminines plébiscitent également les diplômes délivrés par l’Éducation nationale. La mixité au sein des divers enseignements est encourageante, notamment pour les formations en alternance et en apprentissage. 

Les chiffres clés de la féminisation du secteur de la sécurité privée en France

  • 15 % : taux de féminisation global
  • 27 000 femmes salariées
  • 3 000 candidates en formation par an dans les 4 certifications de branche

Le GES pointe diverses solutions pour favoriser l’’insertion des femmes dans le secteur de la sécurité privée. Formations destinées à un public 100 % féminin, actions de recrutement et de communication ciblées, découverte des métiers… les possibilités et initiatives sont multiples. Sans oublier, bien sûr, la promotion en interne à des postes à responsabilités, et l’égalité des rémunérations. 

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