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Le futur passeport sanitaire à l’épreuve de la sécurité

File d'attente à l'aéroport de Rome au temps du Covid-19

La Commission européenne planche sur un « digital green pass » déployé à l’été. Et plusieurs compagnies aériennes testent déjà des applications sécurisées pour prouver sa vaccination ou la détention d’un test Covid-19 négatif. Basées sur la technologie blockchain, elles permettraient d’éviter tout risque de falsification. Explications.

Voyager plus librement en apportant des preuves de son statut sanitaire

Faire repartir un secteur aérien à terre depuis les débuts de la pandémie, apporter des garanties solides aux pays hôtes sur l’état de santé des populations qui pénètrent sur leurs territoires, et permettre aux voyageurs de circuler plus librement : le projet d’un « digital green pass » commun à tous les pays de l’Union européenne est à la croisée de plusieurs enjeux. 

Le principe : le voyageur ou la voyageuse dispose sur son smartphone d’une application mobile qui apporterait la preuve irréfutable qu’il a bien reçu un vaccin anti-Covid. L’outil pourra également contenir des résultats de tests pour les voyageurs non encore vaccinés, mais aussi des informations sur la guérison des personnes ayant contracté la maladie. Autant de données sensibles à protéger. Sans parler des risques de fraude.

Plusieurs compagnies embarquées dans l’expérimentation d’un pass digital

Des compagnies aériennes ont déjà pris les devants pour tester des solutions qui contribuent notamment à fluidifier le contrôle des tests dans les aéroports. Avec un autre objectif : en finir avec le papier, vulnérable à la fraude. Parmi elles, Air France qui, depuis le 11 mars 2021, teste une solution de digitalisation des résultats de tests Covid (ICC AOKpass). Deux lignes sont concernées : Paris-Charles-de-Gaulle – Pointe-à-Pitre et Paris-Charles-de-Gaulle – Fort-de-France. 

Air Caraïbes et French Bee embarquent la même application lors des départs de l’aéroport Paris-Orly à destination de certains territoires d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Tahiti). 

The International Air Transport Association (IATA) déploie de son côté une autre application, Travel Pass (Evernyn), notamment avec Qatar Airways, Emirates, Etihad Airways, Malaysia Airlines, ou encore Singapore Airlines.

La blockchain suscite tous les espoirs

Ces expérimentations sont scrutées par les États et les autres compagnies aériennes. En particulier parce qu’elles fonctionnent toutes avec la technologie blockchain, censée garantir une sécurité optimale des données, tout en excluant les risques de falsification. Fondamental, tant les escroqueries aux faux certificats de tests PCR négatifs pullulent déjà. Un réseau a ainsi été démantelé fin 2020 à Roissy.

Le passeport vaccinal
Le passeport vaccinal mise tous ses espoirs sur la blockchain.

Sortie de l’ombre à partir de 2008, grâce au succès du Bitcoin (la cryptomonnaie qui n’en finit plus de faire des adeptes), la blockchain s’avère séduisante pour bien d’autres domaines. Les secteurs bancaire et financier, bien sûr, pour sécuriser des transactions, mais également l’industrie et la logistique.

Un rempart contre la fraude ? 

Pourquoi un tel intérêt ? Parce que la blockchain est réputée incorruptible de par son fonctionnement même. Cette « chaîne de blocs » est définie comme une technologie de stockage et de transmission d’informations où la sécurité des échanges est assurée par et entre les membres d’un réseau, fiables et sans intermédiaires. 

Le système est totalement décentralisé des serveurs d’hébergement : les informations sont directement distribuées sur les appareils de chacun des membres pour vérification. Et l’absence de bases de données centralisées, ce sont des risques de hacking en moins. De plus, toute donnée entrée dans le système est horodatée, n’est plus modifiable ensuite car cryptographiée et totalement traçable. Autant d’atouts en faveur de la sécurité.

Du laboratoire au smartphone de l’utilisateur

Dans le cas du « pass sanitaire », le voyageur ou la voyageuse effectuera ses tests auprès de laboratoires partenaires volontaires et agréés pour utiliser l’application. 

Pour la prise de rendez-vous comme pour obtenir ses résultats, il devra s’authentifier via l’application. Une fois son identité vérifiée, le laboratoire transmettra les informations qui seront directement stockées sur le smartphone. Et nulle part ailleurs. L’utilisateur pourra ensuite les présenter pour vérification sous la forme d’un QR-code qui attestera de son statut sanitaire : « OK to travel ». La démarche sera la même pour faire état de sa vaccination.

>> Lire aussi : Vaccin contre le Covid-19, une opération à haut risque